Mots

Disparaître
Aussi loin que lon fuit, même après des années,
Les curs qui vous aiment ne vous oublient jamais
Cest se leurrer vraiment que croire disparaître
En supprimant un jour toute trace de son être
Séclipser sans un mot, sans laisser une adresse
Imposer un silence, au-delà, une tristesse
Vouloir plonger tout seul dans un gouffre doubli
Cest se tromper surement sur lamour des amis
Car un antre se trouve mais bien camouflé
Des nouvelles se découvrent pour qui veut bien chercher
Comment peut-on penser, un soir, dun coup de gomme
Dun trait de volonté, effacer un bonhomme
Aussi loin que lon fuit, on ne senfuit jamais
Des âmes et des curs qui vous ont tant aimés.
A
qui je sais

Sur
le plus beau quil fit
Un homme prit un jour pinceaux, couleurs et peint.
Avec force et violence, il peint soirs et matins
Léclat de locéan, la beauté de la terre,
Les tumultes du vent, la force du tonnerre,
Il peint en soubliant, comme joue un enfant,
En donnant sans compter tout ce quil a dedans
En posant sur ses toiles sa sueur et son sang
Son vécu de jeune homme et sa fougue damant
Il peint comme on se jette dans une histoire damour
Empli de lénergie des tous premiers émois
Avec exaltation il peint jour après jour
Bien plus quun autre peintre eut fait en plus de
mois
Il usa ses pinceaux, laqua tant de couleurs
Quà la fin il tua son génie créateur.
Puis durant des années il tenta ardemment
Doublier ce passé qui lui fut si brillant
Nen laissant cependant quun petit bout
paraître
Aux amis, aux amants, qui lavaient vu renaître
Au sein dautres passions et sous de nouveaux cieux
Quil voulait moins blessants et plus encore radieux.
Un jour pourtant survint comme une fatalité
Un mauvais coup du sort, un clin dil du
destin
Au hasard dun chemin un témoin du passé
Amoureux de ces laques, vrai fou de ces dessins
La surprise fut grande, la fièvre presqu amoureuse
De découvrir ainsi une trace si joyeuse
De ces regards dantan qui tant aimaient ses toiles
Qui en les évoquant brillaient encore détoiles.
Pourtant malgré lamour et la sollicitude
De ces prunelles davant pleines de gratitude
Pour les bonheurs qualors il leur avait donnés
Du fond de ses couleurs flamboyantes et dorées
Un soir dans le silence il se mit à maudire
Soudain et de nouveau tout son ancien empire
Et faisant fi dune trêve quil venait de
signer
Avec ce quil pensait son assassin passé
Il reconstruit si vite les murs de sa prison
Sans le moindre signal, sans une explication
Quil en laissa brisés les amis du passé
Assommés par le coup si violemment frappé
Au-delà des couleurs, au-delà des passions
De cette longue histoire, il reste une question :
Comment un homme peut-il si rudement cracher
Sur le plus beau quil fit dans son lointain passé ?

Comme
une gourmandise
Oh mon petit mignon,
ma douce friandise,
Votre amitié me fut comme une gourmandise,
Une dragée fondante, un sucre, un caramel,
Dont le suc qui coule a un goût déternel.
Elle eut pour moi toujours du berlingot dantan
Les couleurs pétillantes qui attirent les enfants
Et cet arôme si fin de ces grillées pralines
Qui, du coin dune rue, invite la narine.
Elle fut une douceur, délicieux macaron
Au parfum délicat du plus exquis bonbon,
Une confiserie quon désire et quon mâche,
Qui laisse au coin des lèvres une collante moustache.
Elle reste pour toujours une sucrerie charmante ;
Son goût davoir aimé chaque jour je me vante.
Mais pourtant il faut quà la fin je vous dise,
Votre amitié me fut bien plus quune bêtise !

Soldats
En ligne bien
rangés pour une parade réglée
Et puis seuls ou groupés, vous vous ferez tuer
Pour sauver tant de gens, tant d'innocentes âmes,
Vous donnerez vos sangs et les pleurs de vos femmes.
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